Or donc c’est l’arrogance qui conduit à la CPI et non les crimes dont on est soupçonné?

Or donc c’est l’arrogance qui conduit à la CPI et non les crimes dont on est soupçonné?

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C’est un fait; Laurent Koudou Gbagbo ex-président de la Côte d’Ivoire de 2000 à 2010 a été remis à la CPI suite à un mandat d’arrêt pour quatre chefs d’accusation pour lesquels la cour a compétence.

Les débats et les émotions sur ce transfert sont légion et continuent de par le monde et en CI.

C’est dans cette lancée que l’homme le plus puissant en ce moment sur les berges de la lagune Ebrié a cru bon de pousser à son tour son avis sur l’actualité.

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Ainsi, au cours du conseil des ministres de ce mercredi 30 décembre 2011, Soro affirmait que le transfert de celui que ses adversaires politiques surnomment « le boulanger » du fait de sa capacité à se jouer aisément d’eux, est advenu parce que son camp et Gbagbo lui même compris n’ont pas fait acte de contrition. poursuivant, Soro est certain que si le parti de Gbagbo et lui-même avaient tenu un langage moins arrogant et pousser la couardise a l’humiliation en participant non seulement au soi-disant processus de réconciliation national en cours , le leader de la refondation capturer au terme d’une guerre violente aux conséquences inestimables, n’aurait pas été remis en butin de fin de mandate au juge le plus craint de la planète, OCAMPO.

Pour tout dire, Soro aurait voulu que le FPI vienne se joindre à la clique de « mange-mil » et laudateurs du pouvoir actuel pour pousser une mélodieuse louange à ce duo de « guerireros » que constituent OUATTARA et lui-même à la tête d’un hordes de parvenus pilleurs n’ayant en réalité rien a cirer du soi-disant combat pour la dignité des populations du nord.

Il aurait adorer et jouit enfin de voir sa petite personne (référence à son jeune âge comparé aux personnes qu’ils commande) regarder avec arrogance les caciques du régime déchu faire génuflexion à ses pieds implorant sa clémence pour la libération de leur mentor et surtout le déblocage de leurs comptes.

La vérité est que certains l’ont fait en utilisant des prétextes aussi fallacieux les uns que les autres. Suivez mon regard.

N’empêche, Soro n’a pas eu à déverser la dernière goute de son éjaculat et cela lui est resté entre les gonades au point où le liquide destiné à être bouté hors de son organisme par un orifice bien destiné, est passé par sa bouche qui pourtant jusque là avait toujours évité de dire des choses sans tempérance et calcul comme le sait si bien le faire le jeune loup de la politique ivoirienne aux dents déjà mures parce qu’ayant défié toutes adversités au pays de l’éléphant.  Car en effet, face au refus de Laurent Gbagbo et de son camp de céder au chantage grotesque tendant à conditionner sa liberté à son acceptation de la victoire de OUATTARA taillée par la communauté internationale, Soro et son acolyte ont mis en application le plan B qui depuis trainait dans leur tiroir à stratégies de captation et d’appropriation du pouvoir en CI avec toutes les jouissances y attachées. Ils ont brandit la conditionnalité de la participation au gouvernement et aux élections législatives contre la CPI.

Tout cela n’a pas ébranlé l’ardeur des refondateurs refondus comme les désignent les réseaux sociaux pro-OUATTARA. Ils ont été fermes et ne sont ni entrés au gouvernement ni engagés dans les joutes des élections législatives du 11 décembre prochain.

Il n’en fallait pas plus pour soulever l’ire du désormais pouvoir d’Abidjan qui a en catimini expédier l’ancien homme fort de la Côte d’Ivoire en retraite politique forcée sous la supervision de la communauté internationale qui a le vent en poupe ces derniers temps du fait de la coopération d’une classe politique affairiste plus préoccupée par ses intérêts mesquins et les honneurs que par le bien-être de son peuple.

Pour en revenir à celui qu’on appelle « Tieni Gbanani l’enfant terrible » à Abidjan, il faut noter que sa sortie maladroite (il n’en faisait jamais pourtant) sur la question du transfert de Laurent Gbagbo dans les geôles « cinq étoiles » de la Haye, analysons la du point de vue éthique, stratégique et psychologique.

Premièrement, Soro est-il bien placé du point de vue éthique pour parler d’arrogance et de repentance? Notre position est qu’aucune logique éthique n’autorise ce monsieur à tenir des propos impliquant de telles notions. En effet, celui qui de façon autonome et consciente a choisi de prendre les armes contre sa propre patrie, ses propres frères et sœurs sans mettre dans la balance la valeur de l’aboutissement de son combat et les dommages susceptibles d’en découler, ne peut aucunement s’il a un sens de l’éthique se muer en donneur de leçons. Sauf s’il est convaincu que son combat est et demeure utile et nécessaire au point de s’en orgueuillir. La encore ce serait une marque claire d’un état de disfonctionnement psychique rivalisant avec la pathologie. Car à ce jour je ne connais aucun observateur de la scène ivoirienne ou aucun ivoirien qui puisse honnêtement affirmer que la solution à la gangrène ivoirienne latente depuis les dernières années de règne de Félix Houphouët était la guerre de Soro et Ouattara à la ôte d’Ivoire. On entend souvent à Abidjan des propos venant des populations dites pro-Ouattara en majorité originaires du Nord de la Côte d’Ivoire dire sous cape ou publiquement en comparant l’ère de la « démocratie et des droits de l’homme » de Soro-Ouattara a celle du règne de Gbagbo, que « Gbagbo kaffissa ! » Pour les non initiés, cela signifie que « Gbagbo est mieux ! ». Pour tout dire, les tenants de cette boutade  sont convaincus en leur fort intérieur que le règne de Gbagbo avec son corolaire de violation des droits de l’homme et de gabegie est préférable à l’ère de Soro-Ouattara abusivement et malhonnêtement appelée à dessin ère démocratique ou de démocratisation.

Disons pour clore cette analyse au prisme de l’éthique que Soro qui a dans la foulée lancé un jour de détente dans ses relations avec Gbagbo pendant qu’eux deux se la coulaient douce sur le dos de la populace ivoirienne en proie à la descente aux enfers des plus rudes de son histoire, Soro qui après avoir bu son champagne habituelle et digéré son caviar du jour, lançait hypocritement « Pardon » à tout le peuple ivoirien pour les souffrances qu’il a engendrées de par sa guerre ; ce Soro là ne connait pas la repentance car il a repris le maquis et commandé les troupes qui ont lancé cet assaut « salvateur » qui nous a « libéré » en nous tuant, en arrachant nos emplois, en séparant nos familles et en nous dépouillant de nos maigres bien avant de nous contraindre à la condition humiliante de refugiés, ce Soro là ne peut pas dire qu’il s’est repenti ! Bien au contraire, sûr plus que jamais de son poids au sens propre comme au sens figuré, ce Soro là qui seul peut tenir en laisse les chiens enragés formant son armée mexicaine où les bidasses sont parachutés officiers supérieurs et les professionnels du métier relégués au rang de serveur de thé dans les casernes et autres baraquements militaires. Ce Soro là ne peut et ne sera pas humble sauf devant sa conscience de catholique qui souvent le gronde ! Si vous trouvez ces critiques non fondées, demandez à Soro de dire devant tout le monde entier, surtout à notre jeunesse qu’il a emprunté un chemin à ne pas utiliser en modèle car et il le sait, beaucoup de jeunes et enfants le voient comme « modèle » et on l’intention d’abandonner le chemin de l’école (c’est déjà fait pour bon nombre) pour prendre les armes afin de devenir ministre d’Etat, premier ministre, député et enfin président de la république !

Ce serait ça ta vrai repentance et ta contrition en même temps ta contribution à la réconciliation des habitants de la Côte d’Ivoire que tu appelles officiellement du plus profond de ton cœur.

Deuxièmement, du point de vue stratégique, Soro et Ouattara se débarrassent pour le moment d’un redoutable adversaire (ennemi pour l’un certainement) devenu très et trop gênant pour être gardé sur le territoire chèrement conquis par ces deux chefs de guerre. En effet, conscients du charisme de Laurent Gbagbo qui qu’on le veuille ou non est un symbole pour au moins 45% d’ivoiriens toutes tendances confondues, Soro et son désormais père de collègue, ont décidé de l’envoyer en déportation selon la bonne vieille technique du maître blanc colon qui ne se contente plus de conseiller le nouvel affranchi mais met la main à la sale besogne en larguant des bombes sur le peuple pour le protéger ! Stratégiquement donc, Soro est un stratège et même un fin tacticien qui prend plaisir à utiliser les méthodes mêmes que lui aurait apprises son prisonnier du 11 Avril 2011. Le hic dans la stratégie, c’est le retour du bâton. Mais tranquillisez-vous, Soro y est déjà préparé car pour celui qui a écrit un bouquin dans lequel il fonde sa conversion en rebelle, il serait prêt à assumer un jour les actes et crimes de son mouvement rebelle. A ce propos, c’est le lieu de l’inviter à ajouter un chapitre où il serait également prêt à assumer les « effets collatéraux » comme on les appelle en termes militaires, de sa marche à la tête des troupes sur le Sud. Ainsi le livre serait achevé.

Alors, Soro devant la CPI un de ces jours ! On le sait, c’est une probabilité à ne pas écarter en tout cas s’il n’a plus aucune influence réelle sur la marche du peuple ivoirien, les « blancs » viendront le chercher sous la pression de leurs nombreuses ONG de défense des droits de l’homme et Ouattara pourrait même le lâcher ou même le livrer pour écarter le spectre d’être assimilé à ce rebelle de Soro et courir le risque de partager une loge voisine a celle de Laurent Gbagbo !

Pour le moment on n’en est pas là et Soro compte beaucoup dans cette Côte d’Ivoire d’aujourd’hui et est à bien y regarder, l’homme qui compte le plus. C’est pourquoi il ne craint rien dans l’immédiat quand il livre Gbagbo à la Haye et s’autorise un ton qui nargue en prime ! Ses lieutenants nommément cités aussi ne craignent rien tant que le pouvoir réel est entre leurs mains ; raison pour laquelle d’ailleurs il faut le tenir ferme en utilisant la répression comme moyen de gouvernance ! D’ailleurs sur ce point ils ont raison étant entendu que cette populace ne respecte désormais que le fouet, le feu et la poudre. Laurent Gbagbo aurait eu à être dans sa situation d’il y’a dix ans en arrière, qu’il aurait utilisé les moyens nécessaires pour mater la rébellion parce que au finish la sienne a été bel et bien matée, dixit un chef de guerre en avril 2011 galvanisant ses troupes !

Troisièmement, du point de vue psychologique, Soro a besoin de se donner bonne conscience face à l’anticipation des questions que ses parents ivoiriens, africains lui poseront ainsi que l’histoire. En réalité, Soro aura à répondre devant la tradition africaine qui préconise que le linge sale soit lavée en famille quelque soit le temps mis dans la vase et les tonnes de poussière que transporte ce linge devenu impur. Cette tradition lui demandera en effet pourquoi contre toute procédure à l’africaine, il a transporté en première classe le linge sale du pays de Houphouët à la Haye ? A cette question Soro a une réponse toute faite qu’il espère pourra convaincre les gardiens de la tradition ; ce linge là ne voulait pas se laisser laver parce qu’il pensait être propre et je n’ai rien pu faire ! C’est bien le sens de la sortie de Soro tendant à dire que le Front Populaire de Laurent Gbagbo a été arrogant et n’a pas voulu engager le dialogue avec le nouveau pouvoir pour régler le sort de leur leader. Pour Soro, les fils de la Côte d’Ivoire pourront comprendre qu’un parti politique de l’opposition qui refuse de participer à un gouvernement qui garde en prison son leader et toute sa classe dirigeante, comprendre qu’un parti politique qui refuse de participer à une élection législative où elle n’a aucune chance, est un parti belliqueux et peu soucieux du devenir de la Côte d’Ivoire parce que ne voulant pas de la « réconciliation nationale ». Soro le pense et en est certain tel est le sens de sa sortie. Aussi, il est certain que les générations à venir et celles présentes savent que c’est l’arrogance qui conduit à la CPI et non les crimes dont on est soupçonné avoir commis !

Bref, si l’homme est stratège, doué et courageux, il vient de placer une sortie qui restera à jamais dans la mémoire collective comme la plus inopportune et maladroite de la part de ce jeune aux talents incontestés. Car au moment où Soro saluait et justifiait la déportation de Laurent Gbagbo, il fallait parcourir les ruelles et foyers ivoiriens pour savoir qu’au fond de chaque ivoirien, il y avait de l’émotion que personne ne pouvait expliquer en réalité.

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La vérité c’est que Laurent Gbagbo est le « dictateur, le sanguinaire et le sale type » qui à le plus de sympathie en Côte d’Ivoire en ce qu’il parvient malgré sa situation peu enviable et ses défauts, susciter les commentaires des plus émouvants aux plus méchants sur la toile et dans les foyers.

C’est bien ce qui dérange le plus dans cette affaire ivoirienne ; qu’on voue un tel culte à des personnes qui au décompte sont un condensé de défauts voilés par une brève étincelle positive.

Ainsi, la Côte d’Ivoire parviendra-t-elle à trouver la vertu et l’émulation du modèle adéquat ?

Il faut d’abord congédier ses démons pour atteindre cette étape !

sieida@yahoo.fr

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